
Le port de Marseille, ce matin-là, est baigné d’une lumière intense, le ciel est d'un bleu foncé qui à lui seul m'informerait du Mistral violent si je n'entendais pas les rafales faire claquer les volets de bois. Les quais s'animent pourtant d’une agitation familière : marins, marchands et chevaliers se croisent, les uns préparant des navires pour le large, les autres discutant des dernières nouvelles venues de l’étranger. Le vent soulève violemment les pans de mon manteau écarlate, brodé du lion de ma maison. Je me tiens sur le promontoire du château Babon, le regard fixé sur l’horizon, mais mon esprit est tourmenté par des affaires plus personnelles.
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